Le chant grégorien, icône d’une beauté séculaire

On se demande très régulièrement quel peut être le «secret» de l’intérêt croissant que suscite le Festival International de Chant Grégorien de Watou. On peut l’attribuer au thème lui-même, à savoir le chant grégorien. Depuis plusieurs années, on constate dans le monde entier un intérêt presque inexplicable pour le grégorien. La renaissance du grégorien au cours des deux dernières décennies est remarquable. Cela a-t-il un rapport avec la recherche d’un approfondissement spirituel que nos structures sociales actuelles ne peuvent plus offrir? Le grégorien est vraisemblablement la musique la plus intègre que l’on puisse imaginer. Ce chant apporte un repos bienfaisant, même si on ne comprend pas le latin. Le grégorien est un chant universel, vieux de plus de quinze siècles mais encore très actuel dans diverses cultures. Cela vient de ce qu’il touche le coeur de chaque homme, peu importe qu’il soit empreint de joie, d’amour, de soucis, de repos, d’angoisse, d’espoir ou de confiance. Le grégorien est la longueur d’onde du cœur mais qui ne se traduit ni en fréquences modulées ni en ondes longues ou moyennes. Il répond parfaitement à une faim grandissante vers une spiritualité et une intériorité profondes que l’on peut observer au début de ce troisième millénaire.

Ce succès totalement inattendu est en rapport avec un phénomène social par lequel les jeunes expriment un désir croissant d’approfondissement spirituel. C’est ainsi que le grégorien est redécouvert. Il n’est pas un donné purement musical car il possède quelque chose de fascinant; cela tient du mystère et aussi de la mystique. Grâce à sa profonde spiritualité et à sa grande intériorité, le grégorien répond à une forte aspiration vers l’approfondissement spirituel. Même si le répertoire grégorien est vieux de plusieurs siècles, il n’en est pas moins étonnamment «jeune» pour les auditeurs.
Le chant grégorien est particulièrement indiqué comme chant liturgique: il est sensible, il aime le silence, il n’est pas bavard et il possède une grande force symbolique et rituelle. La sacralité et la beauté sont parfaitement intégrées dans le grégorien en telle sorte que ce chant peut être considéré comme une fresque, un mosaïque ou une icône, esquisse d’une beauté éternelle.

La Liturgie

Au cours de nombreuses célébrations liturgiques, le grégorien retrouvera de manière optimale sa vocation naturelle comme chant de louange du Seigneur. On a veillé à un bon équilibre entre l’Eucharistie et l’Office. On en trouvera un large aperçu dans le programme du Festival. Toutes les scholas apporteront une large contribution musicale à la liturgie. Particulièrement remarquables à cet égard seront les prestations des deux choeurs de jeunes hongrois Iubilate et Cantate qui maîtrisent de façon admirable la psalmodie latine. Vous pourrez vous laisser bercer par le chant de leur psalmodie pendant les vêpres de l’Ascension (le jeudi 17 mai), pendant l’office des tierces (18 mai) et pendant les laudes du samedi 19 mai.

Enfin, personne ne restera indifférent pendant les vêpres de clôture du Festival le dimanche 20 mai qui seront chantées à l’unisson par toutes les chorales; d’un même coeur et d’une même âme